Article rédigé par le Dr Ariane MONNAMI, nutritionniste et micronutritionniste
Insulinorésistance et sensibilité à l’insuline : les bases à comprendre
L’insuline est une hormone qui permet au glucose d’entrer dans les cellules pour être utilisé comme source d’énergie.
- Quand les cellules répondent bien à l’insuline, on parle de bonnes sensibilités à l’insuline
- Quand elles y répondent mal, le pancréas compense en produisant plus d’insuline : c’est l’insulinorésistance
Pendant longtemps, la glycémie peut rester normale.
C’est l’insuline qui monte en premier.
➡️ C’est précisément ce que cherchent à capter les indices HOMA et QUICKI.
Qu’est-ce que l’indice HOMA ?
L’indice HOMA-IR (Homeostasis Model Assessment of Insulin Resistance) est un indicateur de résistance à l’insuline.
Il est calculé à partir de :
- la glycémie à jeun
- l’insulinémie à jeun
Plus l’indice HOMA est élevé, plus la résistance à l’insuline est importante.
➡️ C’est un indice très utilisé en pratique clinique et en recherche, mais rarement fourni directement par les laboratoires.
Qu’est-ce que l’indice QUICKI ?
L’indice QUICKI (Quantitative Insulin Sensitivity Check Index) mesure l’inverse : la sensibilité à l’insuline.
Il utilise exactement les mêmes données biologiques que le HOMA (glycémie et insulinémie à jeun), mais avec une formule différente.
- QUICKI élevé = bonne sensibilité à l’insuline
- QUICKI bas = insulinorésistance
HOMA et QUICKI ne sont donc pas concurrents :
➡️ ils sont complémentaires et racontent la même histoire sous deux angles différents.
Comment calculer les indices HOMA et QUICKI ?
Ces indices ne figurent généralement pas sur les comptes rendus de laboratoire.
Ils peuvent toutefois être calculés facilement à partir de vos résultats biologiques à condition que les deux prélèvements — glycémie et insulinémie à jeun — soient réalisés en même temps.
>>>outil de calcul de l'Indice HOMA
>>>outil de calcul de l'Indice QUICKI
⚠️ Un chiffre seul n’a aucun intérêt s’il n’est pas interprété dans son contexte (âge, alimentation, activité physique, composition corporelle, traitements…).
Comment interpréter les résultats ?
C’est ici que les choses deviennent intéressantes et souvent mal comprises.
Les normes de laboratoire indiquent généralement l’absence de pathologie déclarée.
Elles ne correspondent pas forcément à un fonctionnement métabolique optimal, notion centrale en nutrition fonctionnelle.
Ci-dessous, les seuils utilisés dans les calculateurs et les valeurs dites “optimales” :
Indice HOMA-IR
Normes labo
- Zone idéale : <1,6
- Zone intermédiaire : 1,7 à 2,3 : début d’insulinorésistance
- Zone pathologique : ≥ 2,4 : insulinorésistance importante
Valeur optimale (nutrition fonctionnelle) : < 0,97
Indice QUICKI
Normes labo
- Zone idéale : > 0,339
- Zone intermédiaire : 0,30 à 0,339 : sensibilité basse, début d’insulinorésistance
- Zone pathologique : < 0,30 : insulinorésistance importante
Valeur optimale (nutrition fonctionnelle) : > 0,38
Normes biologiques et valeurs optimales : deux logiques différentes
Un indice peut être considéré comme “normal” d’un point de vue médical, tout en traduisant déjà un déséquilibre métabolique débutant.
C’est particulièrement vrai pour l’insulinorésistance, qui s’installe progressivement, souvent sans symptôme.
En nutrition fonctionnelle, on s’intéresse donc à des valeurs plus exigeantes, dites optimales, bien avant l’apparition d’une maladie.
Un article dédié expliquera en détail les différences entre normes biologiques et valeurs optimales.
HOMA ou QUICKI : lequel est le plus pertinent ?
La question n’est pas de choisir.
- HOMA est intuitif pour repérer une résistance à l’insuline
- QUICKI est souvent plus sensible pour détecter des altérations précoces
➡️ Utilisés ensemble, ils donnent une vision plus fine du métabolisme glucidique.
Questions fréquentes sur les indices HOMA et QUICKI
Peut-on être insulinorésistant avec une glycémie normale ?
Oui. C’est même fréquent.
Dans les phases précoces, le pancréas produit plus d’insuline pour maintenir une glycémie normale. La glycémie reste dans les normes, mais l’insulinémie augmente, traduisant une insulinorésistance débutante.
Pourquoi les indices HOMA et QUICKI ne figurent-ils pas sur les résultats de laboratoire ?
Parce qu’ils ne sont pas mesurés directement.
Ils sont calculés à partir de la glycémie et de l’insulinémie à jeun, deux paramètres standards. Leur interprétation demande un contexte clinique, ce qui explique qu’ils ne soient pas automatiquement fournis.
Quel est le meilleur indice pour dépister une insulinorésistance précoce : HOMA ou QUICKI ?
Il n’y a pas de “meilleur” indice.
HOMA est souvent utilisé pour repérer une résistance à l’insuline installée, tandis que QUICKI est parfois plus sensible pour détecter des altérations précoces. Les deux sont complémentaires.
Un indice HOMA ou QUICKI “normal” exclut-il un problème métabolique ?
Non.
Les normes de laboratoire indiquent l’absence de pathologie déclarée, pas un fonctionnement optimal. Des valeurs dites "normales" peuvent déjà traduire un déséquilibre métabolique débutant, surtout en cas de fatigue, prise de poids abdominale ou sédentarité.
À retenir
- L’insulinorésistance peut être présente avant toute anomalie de la glycémie
- Les indices HOMA et QUICKI permettent de l’identifier précocement
- Les normes de laboratoire ne suffisent pas toujours à évaluer le risque métabolique
- L’interprétation doit toujours être globale et individualisée
À voir sur un sujet proche :
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