Proche d'un malade Alzheimer, quels sont vos risques ?

Proche d'un malade Alzheimer, quels sont vos risques ?

Dans cet article le Dr Ariane Monnami, nutritionniste et praticien certifié ReCODE 2.0, répond à la question "En tant qu'enfant ou proche d'un patient atteint de la maladie d'Alzheimer, suis-je plus à risque de développer la maladie ?"

Image par Mohamed Hassan de Pixabay

Nous sommes tous des personnes à risques...

La maladie d'Alzheimer est une maladie multi-factorielle.

En clair cela signifie que le déclenchement de la maladie est provoqué par l'accumulation de multiples causes qui favorisent le déclin cognitif et font basculer votre cerveau :

  • du mode constructeur de synapses
  • au mode destructeur de synapses

Si cela vous semble un peu compliqué, je vous invite à lire l'article : La fin d'Alzheimer : le programme, Dr Bredesen

... mais certains sont plus à risques que les autres !

En tant que proche d'une personne atteinte, votre probabilité de présenter certains de ces facteurs de risque est plus importante et cela :

  • que vous soyez lié par le sang à cette personne : enfants ou petits-enfants frères et sœurs, neveux et nièces...
  • que vous ayez partagé sa vie pendant une période plus ou moins longue : enfants bien sûr, mais aussi conjoint, enfant adopté...
  • et enfin que vous soyez un 'aidant", à titre familial ou même professionnel

Je vous explique pourquoi dans la suite de cet article et surtout, je vais vous montrer comment réduire ces risques aux maximum

La prédisposition familiale

La maladie d'Alzheimer n'est pas une maladie génétique au sens strict.

Contrairement à d'autres maladies, comme la mucoviscidose, la myopathie, la chorée de Huntington, il n'existe pas de "gène d'Alzheimer" vous condamnant à devenir victime de cette maladie.

Ce qui existe, par contre, c'est une multitude de gènes de dérèglements physiologiques, pouvant favoriser un ou plusieurs mécanismes impliqués dans la destruction et la construction des synapses

Quelques exemples pour y voir plus clair

Vous pouvez par exemple avoir hérité de gènes favorisant :

  • l'inflammation chronique, comme le célèbre gène Apo E4 dont je vous reparlerai dans un autre article
  • la résistance à l'insuline et les maladies métaboliques
  • les maladies cardio-vasculaires

Chacune de ces maladies constituant elle-même un facteur de risque de la maladie d'Alzheimer.

Vous pouvez également avoir hérité de gènes défectueux provoquant :

  • une mauvaise assimilation, un mauvais transport ou un mauvais passage au niveau de la barrière hémato-encéphalique de nutriments indispensables au bon fonctionnement du cerveau
  • une élimination insuffisante de certains toxiques
  • des troubles de la méthylation
  • une fragilité aux infections chroniques
  • un risque élevé de maladies auto-immunes
  • une mauvaise fabrication des hormones ou des facteurs de croissance des neurones
  • une sensibilité accrue au stress

Ce ne sont que quelques exemples, mais cela permet de voir que chacun d'entre-nous a vraisemblablement hérité de plusieurs de ces "gènes de prédisposition", même si aucun membre de notre famille n'a présenté la maladie !

Attention, je le répète, la présence de ces gènes ne signifie pas que vous allez obligatoirement développer la maladie d'Alzheimer. Simplement que vous vous défendez moins bien contre certains agresseurs.

Comme une personne blonde, à la peau très claire, se défend mal contre les coups de soleil et a un risque plus élevé de faire un cancer de la peau si elle ne prend pas les précautions nécessaires.

L'environnement et le mode de vie

Si vous avez partagé pendant une période plus ou moins longue la vie d'une personne qui a développé une maladie d'Alzheimer, vous avez également partagé avec elle un certain nombre de facteurs de risques liés à l'environnement et au mode de vie.

Les facteurs liés à l'environnement

Si votre proche a été exposé au cours de sa vie à des toxiques nuisibles pour le cerveau, il est fort possible que vous ayez, vous aussi, été victime de cette exposition.

Quelques exemples

  • la pollution atmosphérique
  • les peintures et les solvants
  • les déchets industriels
  • les pesticides
  • la fumée du tabac (cadmium), y compris le tabagisme passif
  • les moisissures dans votre logement

Les facteurs liés au mode de vie

Ici encore, certains facteurs de risques sont partagés par les membres d'une même famille y compris les "pièces rapportées".

  • une alimentation insuffisante ou de mauvaise qualité nutritionnelle
  • la consommation excessive d'alcool
  • une consommation régulière d'aliments et de boissons sucrés (vous êtes une famille de "bec-sucrés")
  • la cuisson à haute température
  • la sédentarité
  • le stress chronique

La situation d'aidant

Si vous prenez soin d'une personne atteinte de maladie d'Alzheimer, cette situation vous expose également à certains facteurs de risques comme

Le stress chronique

  • inquiétude et tristesse pour cette personne
  • soucis financiers
  • démarches à réaliser
  • abandon d'un emploi
  • conflits avec d'autres membres de votre entourage

Un sommeil de mauvaise qualité

  • si vous devez vous lever la nuit pour prendre soin de votre proche

Ne pas prendre le temps de vous nourrir correctement

  • par manque de temps
  • ou parce que vous passez votre repas à nourrir la personne aidée

Comment limiter les risques au maximum ?

Avant tout : Prenez soin de vous !

Tout ce que vous ferez pour améliorer votre mode de vie et votre environnement aura un impact sur vos propres capacités cognitives.

Prenez également le temps de décompresser et de déléguer certaines obligations pour limiter les effets du stress chronique.

Les groupes de soutien en ligne sont également une grande aide.

Ne négligez pas d'éventuels troubles cognitifs mineurs

Une baisse de concentration, des difficultés à retrouver des noms propres ou des objets, ces troubles mineurs sont des signaux d'alarmes que votre cerveau est en souffrance.

Heureusement, il est possible d'agir, comme je le développe dans l'article : Troubles cognitifs : agir le plus tôt possible pour éviter Alzheimer

Faut-il demander des tests génétiques ?

Actuellement, et surtout en France, il est très difficile d'obtenir des tests génétiques, en dehors du génotypage ApoE qui est très strictement encadré.

Cependant, les différents gènes de prédisposition dont je parle dans le premier paragraphe, provoque des anomalies biologiques décelables sur des analyses plus courantes comme par exemple :

  • la CRP ultra-sensible qui mesure l'inflammation chronique
  • une homocystéine élevée révélant une anomalie de méthylation
  • des déficits ou déséquilibres hormonaux
  • l'indice de HOMA qui évalue l'insulinorésistance

Le repérage précoce de ces anomalies va permettre de mettre en place une véritable stratégie de prévention individualisée.

Vous avez besoin d'aide pour mettre en place votre stratégie de prévention selon les principes du Protocole ReCODE ?

Nous pouvons vous aider !

Pour vous permettre d'en savoir plus sur la manière dont nous pouvons vous aider à optimiser le fonctionnement de votre cerveau, nous vous offrons un entretien gratuit :

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